Afin de vous partager notre état d’esprit, voici quelques citations des penseurs qui nous inspirent dans notre accompagnement quotidien auprès des enfants, des adolescents et des adultes.

Maria Montessori (1870-1952)

Médecin et pédagogue italien

« Le travail mental doit être accompagné des sensations de vérité et de beauté qui le raniment et des mouvements qui, permettant d’extérioriser les idées, en laissent  la trace dans le monde. »

« C’est lui [ l’enfant ] qui décide ; c’est l’application et le travail de sa conscience, l’exercice de sa responsabilité. C’est ainsi qu’il sera libéré du plus grand des dangers : celui de laisser entre les mains de l’adulte la responsabilité de ses actes, condamnant sa propre conscience au sommeil. »

M. Montessori, Pédagogie scientifique – La maison des enfants – 1958, Ed. Desclée de Brouwer

« Il faut bien que l’adulte se persuade qu’il doit n’occuper qu’une place secondaire ; il faut qu’il s’efforce de comprendre l’enfant avec le désir de se faire son auxiliaire. »

« Le rythme fait partie intégrale de l’individu ; c’est un caractère qui lui est propre, au même titre que la forme de son corps. »

M. Montessori, L’enfant –  1936, Ed. Desclée de Brouwer

Antoine de la Garanderie (1920-2010)

Philosophe et pédagogue français

Professeur honoraire des Universités catholiques de Paris et de l’Ouest – Directeur de recherches à l’Université de Lyon II – Chercheur et auteur de nombreux ouvrages sur les “gestes mentaux” à effectuer pour réussir ses apprentissages.

Ses découvertes et son oeuvre font toute sa place à l’introspection comme moyen pour l’apprenant de connaître ses processus cognitifs. Pour lui l’intelligence n’est pas un “don”, mais le fruit de gestes mentaux dont il suffit d’être informé avec précision pour réussir.

« Dès qu’on s’attelle à  dégager avec minutie les phénomènes qui peuplent la conscience lorsqu’elle est dans une situation pédagogique, on s’aperçoit de leurs richesses, de leurs potentialités qui ne sont pas exploitées parce qu’elles sont pratiquement totalement méconnues.”

« […] le plaisir fait intrinsèquement partie de la connaissance, dès lors qu’on prend soin d’analyser avec précision ce qui la constitue. »

A. de la Garanderie, Plaisir de connaître, bonheur d’être 2004, Ed. Chronique Sociale

« La mémoire, la raison, l’imagination, sont en nous des exigences biologiquement inscrites et qui ont droit à l’expression. Elles s’éveillent en nous comme l’appétit nutritif ; il faut à la mémoire de quoi apprendre, à l’intelligence de quoi comprendre, à l’imagination de quoi composer »

A. de la Garanderie, Les profils pédagogiques – Discerner les aptitudes scolaires – 1984, Ed. du Centurion.

Jacques Ellul (1912-1994)

Professeur de droit, sociologue, théologien

« Nécessité d’une redécouverte du sens de l’activité humaine, de la situation des moyens et des fins, de leur place véritable dans un monde tout entier livré à l’esprit de puissance, au dérèglement, à l’orgueil de moyens sans bornes et qui nous absorbent sans réserve possible. »

J. Ellul, Le défi et le nouveau – Ed. de la Table Ronde, Paris, 2007

 « […] Le système technique grandit nécessairement dans le vide laissé par le retrait d’une activité profonde de l’être. […] On ne peut pas laisser les relations humaines se détériorer, s’amortir indéfiniment : il faut pallier cette déficience. C’est simplement de l’ordre de l’évidence. Tout ce que l’homme perd en présence, spontanéité, raison, authenticité, volonté, décision, choix, engagement, liberté, tout ce qu’il abandonne parce que c’est trop difficile, qu’il mène une vie trop compliquée, qu’il est trop fatigué ou inhibé, tout cela provoque à la fois un accroissement « spontané » du système technique, et l’automatisme de l’orientation de cette croissance. »

J. Ellul, Le Système technicien – Ed. Le cherche midi, 2012

Simone Weil (1909-1943)

Philosophe, écrivain français

« La société la moins mauvaise est celle où le commun des hommes se trouve le plus souvent dans l’obligation de penser en agissant, a les plus grandes possibilités de contrôle sur l’ensemble de la vie collective et possède le plus d’indépendance. »

« La liberté véritable ne se définit pas par un rapport entre le désir et la satisfaction mais par un rapport entre la pensée et l’action ; serait tout à fait libre l’homme dont toutes les actions procéderaient d’un jugement préalable concernant la fin qu’il se propose et l’enchaînement des moyens propres à amener cette fin. »

S. Weil, Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale – Ed. Gallimard, 1955